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   LE LOTUS BLEU
     Histoire du Lotus bleu
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Expéditeur Conversation
Tchang
Envoyé sur :  30/7/2006 19:31
Mini Shanghai
Inscrit le: 30/7/2006
De:
Envois: 1
Histoire du Lotus bleu
Vu qu'il n'y avait pas encore de post concernant le Lotus bleu j'ai songé à mettre cet article ,si vous avez d'autres articles concernant le Lotus bleu faites le moi partager.

Le Lotus bleu

Le Lotus bleu Malgré leurs qualités, les 4 premières aventures de Tintin n’étaient pas vraiment satisfaisantes. Le dessin était maladroit et souvent un peu bâclé et la description des pays traversés n’était qu’une pure et simple accumulation de clichés. Ceci s’explique facilement. A l’époque, Hergé considérait l’élaboration de ses histoires comme une activité sans grande importance.

C’était réellement du travail à la petite semaine. Je ne considérais même pas cela comme un véritable travail, mais comme un jeu, comme une farce. Tenez, le Petit Vingtième paraissait le mercredi dans la soirée, et il m’arrivait parfois de ne pas encore savoir le mercredi matin comment j’allais tirer Tintin du mauvais pas où je l’avais méchamment fourré la semaine précédente.

Tout cela change avec Le Lotus bleu, tournant majeur dans l’œuvre de Hergé. Que s’était-il donc passé qui puisse motiver cette transformation ? Avant tout une rencontre, la plus décisive sans doute qu’ai jamais faite Hergé : celle avec Tchang.

A la fin des Cigares du pharaon, Hergé avait annoncé dans Le Petit Vingtième que Tintin allait bientôt poursuivre son voyage vers l’Extrème-Orient. Dans les semaines qui suivirent, il reçut une lettre d’un certain abbé Gosset, aumônier des étudiants chinois à l’Université de Louvain, qui le conjurait de prendre garde à ce qu’il dirait de la Chine et lui recommandait de se documenter.

Se documenter, Hergé ne demandait pas mieux. Et l’abbé Gosset le mit donc en relation avec un jeune chinois du nom de Tchang Tchong-Jen qui était étudiant à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Les deux hommes sympathisèrent immédiatement et eurent ensemble de longues conversations sur la Chine où tous les sujets se trouvèrent abordés : l’histoire, la géographie, l’art, la langue, la littérature, la philosophie… Tchang donna même à Hergé des informations assez précises sur la technique de la peinture traditionnelle chinoise. Cette influence du trait chinois, économe, sur le dessin d’Hergé sera capitale et il en ressortira la ligne claire.

Les Dupondt Le choc ressenti par Hergé fut immense. Comme la plupart des Européens de l’époque, il vivait encore sur un mythe du Jaune extrêmement éloigné de la réalité. Et soudain, il se trouvait mis en contact avec une civilisation d’une incomparable richesse. Hergé expliqua lui-même la prise de conscience qui s’en suivit.

C’est au moment du Lotus bleu que j’ai découvert un monde nouveau. Pour moi jusqu’alors, la Chine était peuplée de vagues humanités aux yeux bridés, de gens très cruel qui mangeaient des nids d’hirondelles, portaient une natte et jetaient les petits enfants dans les rivières… J’avais été impressionné par des images et des récits de la guerre des Boxers, où l’accent était toujours mis sur les cruautés des Jaunes, et cela m’avait fortement marqué.

Tchang m’a ouvert les yeux sur la civilisation chinoise et il m’a fait mieux prendre conscience d’une sorte de responsabilité que j’avais vis-à-vis des lecteurs.

C’est à partir de ce moment-là que j’ai accordé une plus grande importance au détail, à la documentation, pour que l’histoire soit plus juste, plus vraie.

Donc, je découvrais une civilisation que j’ignorais complètement et, en même temps, je prenais conscience d’une espèce de responsabilité. C’est à partir de ce moment-là que je me suis mis à rechercher de la documentation, à m’intéresser vraiment aux gens et aux pays vers lesquels j’envoyais Tintin, par soucis d’honnêteté vis-à-vis de ceux qui me lisaient.

Plus question désormais de se contenter désormais d’une l’imagerie stéréotypée. Mieux : il s’agissait maintenant de combattre cette mythologie et de présenter au lecteur une image aussi fidèle que possible de la réalité chinoise.

L’importance de cette prise de conscience est si grande qu’elle excède le seul Lotus Bleu. C’est tout le travail d’Hergé qui va se trouver transformé. Rien d’étonnant donc à ce que le dessinateur ait tenu à laisser une trace de cette rencontre dans les aventures de Tintin en faisant de Tchang un des personnages du Lotus bleu. Et pas n’importe lequel : sans doute le seul véritable ami qu’ai rencontré Tintin au cours de ses multiples pérégrinations, le seul en tous cas qui soit capable d’arracher des larmes à l’incorruptible reporter. Tintin, grâce à Tchang, acquiert une part d’humanité qu’il ne possédait pas dans les aventures précédentes. Cet ami, que Tintin retrouve d’abord dans Tintin au Tibet, Hergé le retrouvera aussi dans la vie.

Le souci documentaire de Hergé au moment du Lotus bleu va l’amener à donner à cet album une forte coloration politique qui fait de lui un des plus engagés des Tintin. La situation s’y prêtait particulièrement car la guerre sino-japonaise battait alors son plein. Tout ce qui est dit dans le Lotus bleu sur ce conflit est d’une authenticité si rigoureuse que l’on pourrait étudier cette période de l’histoire chinoise en se fondant presque uniquement sur le livre d’Hergé. Ainsi la scène où l’on fait endosser à d’hypothétiques bandits chinois un attentat commis par les Japonais est directement inspirée de faits qui venaient de se produire : il s’agit en effet d’une transposition du fameux incident du chemin de fer de Moukden qui avait fourni aux troupes japonaises un prétexte commode pour s’infiltrer en territoire chinois. La SDN prouvera qu’elle est un grand machin incapable d’arrêter la machine de guerre.

A l’époque, la presse occidentale s’était faite le porte-parole inconditionnel du Japon. Pour la première et sans doute la dernière fois de sa carrière, Hergé ne craignit pas de prendre le contre-pied de l’attitude officielle, adoptant sans réserve la cause chinoise. En même temps qu’il attaquait la Japon, il dénonçait le rôle des Occidentaux compromis jusqu’à la moelle de la Concession internationale. L’album était aussi ponctué d’idéogrammes chinois dessinés par Tchang, invitant au boycottage des produits japonais, attaquant l’impérialisme ou rappelant les préceptes de gouvernement de Sun Yat-sen.

Cette évocation courageuse d’une situation particulièrement tendue fut loin d’être du goût de tous le monde. L’album suscita même les protestations des représentants japonais à Bruxelles. Un général belge alla trouver Hergé pour lui dire : Ce n’est pas pour les enfants ce que vous racontaient là… C’est tout le problème de l’Est asiatique !!! Pour la première fois, un problème essentiel avait fait son entrée dans la BD.
source : http://www.oberle.org/tintin/bd/lotus/
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